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baisse du chiffre d’affaires des casinos français

Comme c’était malheureusement prévu, les casinos français ont à nouveau enregistré un exercice 2008/2009 déficitaire, comme le précédent, d’environ 9% à périmètre constant (194 sur 197 casinos). Le produit brut des jeux s’élève à environ 2,3 milliards d’euros, contre 2,55 milliards en 2007/2008 et 2,8 milliards en 2006/2007.

« Sur deux ans, après le handicap majeur constitué par l’interdiction du tabac le 1er janvier 2008 dans tous les établissements recevant du public, la baisse est donc de près de 20% », relèvent les trois organisations patronales (Casinos de France, Casinos modernes et ACIF). Il y a toutefois une légère note d’optimisme dans ce paysage dégradé. « Assurément, l’impact de la crise se fait également sentir mais la Profession observe que, depuis deux mois, la fréquentation parait se stabiliser. Cette tendance, à confirmer, semble liée en partie aux efforts d’investissements en nouveaux jeux (jackpot multisites notamment) et d’accueil de nouveaux joueurs, en particulier de poker. D’ailleurs, on note cette année une légère augmentation du produit brut des jeux de table qui représentent dorénavant un peu plus de 8% de l’activité. »

Effectivement, les joueurs reprennent le chemin des salles de jeux. Mais avec semble-t-il des comportements différents. Crise oblige, ils jouent moins qu’auparavant, ou viennent moins souvent qu’avant. Et ils ont plus tendance, quand ils gagnent, à encaisser qu’à prendre le risque de remiser.

Cette baisse du PBJ va entraîner dans le rouge un nombre conséquent d’établissements, et pas forcément les derniers du classement français. Il leur faut donc réagir pour enrayer ce déficit d’exploitation, le plus vite possible. Mais après une croissance très molle durant plusieurs années, puis deux ans à -9%, certains des groupes français ne sont pas au mieux de leur forme. Le groupe Partouche, le seul côté en Bourse et qui évoque donc franchement sa situation, vient d’obtenir un rééchelonnement de sa dette d’environ 300 millions. On peut supposer toutefois qu’il n’est pas seul à connaître un endettement conséquent.

Cela signifie également que les investissements vont continuer à être ad minima pour un nombre non négligeable de casinos. L’équation est délicate : peut-on restreindre les dépenses sans pour autant mécontenter la clientèle ? Le PDG de Loto-Québec, qui faisait il y a quelques jours une analyse de la situation économique dans la Belle Province, qui est somme toute assez comparable à la nôtre, prône lui, des investissements conséquents, afin de mettre l’accent sur la qualité du service et l’offre de ses casinos. « Nous avons investi dans la technologie, amélioré notre efficacité opérationnelle, investi massivement dans la formation du personnel, bref nous avons effectué un virage majeur pour repositionner graduellement nos établissements vers la qualité du service à la clientèle » expliquait Alain Cousineau, relevant que l’exploitation des casinos requiert une main d'œuvre abondante et que dans un marché saturé et presque arrivé à maturité, les coûts d'exploitation augmentent plus rapidement que les revenus.


Notre grand défi, concluait-il, sera de maintenir les marges bénéficiaires sans sacrifier la qualité du service, car nous sommes dans le domaine du divertissement, où la clientèle veut vivre une expérience hors de l'ordinaire. Certes, les casinos du Québec sont en situation de monopole et sont bénéficiaires mais l’argument vaut certainement aussi pour la France. Las Vegas, d’ailleurs, est un exemple pour son maintien de la qualité du service et de l’offre proposée aux joueurs en temps de crise.

De nombreuses sessions organisées en marge du G2E qui vient de se tenir à Las Vegas donnaient d’ailleurs des clés précieuses sur ce sujet, que ce soit en terme de parcs des machines, de tournois, d’animation ou de restauration.  Même s’il est bien connu, malheureusement, que les sociétés françaises ont des charges plus importantes qu’aux Etats-Unis, notamment en personnel, il faudra aux casinos trouver un nouveau souffle en faisant preuve d’imagination et d’astuces pour redynamiser l’offre et l’adapter aux nouveaux challenges de 2010, une année qui ne s’annonce pas moins agitée que les précédentes.

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